Et puis tu vois, moi j'étais toujours là, toujours là, au coin de cette rue paumée, à t'attendre encore et encore. Bien sûr, je savais que tu ne viendrais pas, je savais d'avance que chaque silhouette que j'allais voir se dessiner sur les murs de cette rue, je savais qu'aucune ne correspondrait jamais à la tienne. Je t'aime, autant que je te déteste, d'avoir rendu mon âme d'enfant aussi amer. Pour toi c'était un jeu, une continuité de ce dont tu ne crois plus, cette absurdité romanesque baisée par le XXIe siècle. Seulement moi je t'ai aimé plus que tout, j'aurais été capable de tout faire pour toi. Même le pire. Mais tu ne m'as pas laissé le choix, tu m'as forcé à t'oublier. Tu m'as laissé toute seule sans savoir ce que ça pouvait me faire. Je me taisais sur tous ces souvenirs, ceux qui font mal. Car, c'est vrai, j'en ai mis du temps à effacer ces quelques mois de ma vie, j'en ai pleuré des nuits entières, j'en ai souffert à un point que tu ne pourras sans doute jamais imaginer. Mais quand je vois le bonheur que ça me procure aujourd'hui de pouvoir vivre sans toi, j'me dis que ça en valait vraiment la peine.
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